12-06-2026 13:26 - EXCLUSIF POINTS CHAUDS | Argent de la drogue : les ramifications mauritaniennes d’un puissant réseau de blanchiment traqué en Europe

EXCLUSIF POINTS CHAUDS | Argent de la drogue : les ramifications mauritaniennes d’un puissant réseau de blanchiment traqué en Europe

POINTS CHAUDS - Après l’arrestation de deux Mauritaniens en France, l’enquête s’étend désormais à plusieurs pays. Des complices présumés seraient dans le viseur des autorités européennes, tandis que de nouveaux mandats d’arrêt internationaux pourraient être lancés.

Des millions d’euros blanchis entre l’Europe et l’Afrique : les ramifications mauritaniennes d’un réseau sous haute surveillance.

L’enquête menée depuis plusieurs mois par les autorités françaises et belges continue de dévoiler les rouages d’une organisation criminelle soupçonnée d’avoir recyclé plusieurs dizaines de millions d’euros provenant principalement du trafic international de stupéfiants.

Selon des sources confidentielles ayant confié à Points Chauds des informations exclusives sur le dossier, le réseau démantelé ne représenterait que la partie visible d’un système beaucoup plus vaste, dont les ramifications s’étendraient jusqu’en Afrique de l’Ouest.

Au cœur de cette affaire figurent deux ressortissants mauritaniens récemment mis en examen à Paris pour blanchiment aggravé et participation à une association de malfaiteurs avant leur placement en détention provisoire.

Selon les éléments recueillis par Points Chauds auprès de sources proches de l’enquête, les investigations ont débuté après l’interception, fin 2023, de deux individus transportant près de 200 000 euros en espèces. Ce contrôle, qui semblait alors relever d’un simple transport illicite de fonds, a progressivement conduit les enquêteurs vers une organisation structurée opérant entre la France, la Belgique et plusieurs pays africains.

Les investigations ont permis d’établir que les collecteurs effectuaient régulièrement des déplacements à travers différentes régions françaises afin de récupérer des sommes pouvant atteindre 100 000 à 200 000 euros par opération. Les fonds provenaient essentiellement des revenus générés par le trafic de stupéfiants, mais également d’autres activités illicites alimentant les circuits de l’économie souterraine.

« Les enquêteurs ont rapidement compris qu’ils avaient affaire à une organisation particulièrement rodée », confie à Points Chauds une source informée du dossier. « Les déplacements étaient fréquents, les procédures sécurisées et les montants manipulés considérables. »

Au fil des investigations, la Belgique est apparue comme l’une des principales plaques tournantes du dispositif. La coopération judiciaire entre plusieurs pays européens aurait permis l’identification et l’arrestation de nombreux suspects, dont une quinzaine de personnes interpellées dans le cadre d’opérations coordonnées.

Les deux Mauritaniens ont finalement été arrêtés à bord d’un train en région parisienne après plusieurs semaines de surveillance. Les perquisitions menées dans différents logements ont permis la découverte de centaines de milliers d’euros en espèces. Dans l’un des foyers inspectés par les enquêteurs, plus de 377 000 euros ont été saisis.

Selon les informations obtenues par Points Chauds, les enquêteurs restent convaincus qu’une partie importante des liquidités collectées par le réseau n’a pas encore été retrouvée. Plusieurs caches potentielles seraient toujours activement recherchées.

Lors de leurs auditions, les suspects auraient reconnu avoir participé à la collecte et au stockage de fonds pour le compte d’intermédiaires situés à un niveau supérieur de l’organisation. Ils auraient déclaré percevoir une rémunération mensuelle en échange de leurs services. Les transferts d’argent s’effectuaient selon des procédures discrètes reposant sur des codes de reconnaissance et des intermédiaires chargés de récupérer les fonds avant leur réintégration dans les circuits financiers clandestins.

Les enquêteurs privilégient plusieurs hypothèses concernant le recyclage des capitaux. Parmi elles figure le système traditionnel de compensation financière connu sous le nom de « Hawala », qui permet de transférer d’importantes sommes d’argent en dehors du système bancaire classique. D’autres pistes évoquent l’utilisation de sociétés commerciales servant à financer l’achat de véhicules et de marchandises exportés vers l’Afrique.

Mais selon plusieurs sources concordantes , l’enquête pourrait désormais prendre une dimension encore plus sensible. Des personnes identifiées comme de possibles complices ou facilitateurs du réseau seraient actuellement localisées en Mauritanie ainsi que dans d’autres pays de la région.

Toujours selon ces sources, les magistrats chargés du dossier poursuivent leurs investigations afin d’identifier l’ensemble des membres de la chaîne de commandement. Des mandats d’arrêt internationaux pourraient être sollicités à l’encontre de plusieurs suspects considérés comme des acteurs clés du dispositif financier.

« Les personnes arrêtées jusqu’à présent ne représentent probablement qu’une partie du réseau », affirme une source proche du dossier. « L’objectif est désormais de remonter jusqu’aux véritables donneurs d’ordre et aux bénéficiaires finaux des opérations de blanchiment. »

Les enquêteurs soupçonnent l’existence d’une organisation transnationale particulièrement puissante, disposant de relais dans plusieurs pays et bénéficiant parfois d’une réputation d’intouchabilité liée à son influence financière et à ses connexions locales.

Alors que l’enquête se poursuit simultanément dans plusieurs juridictions, les regards se tournent désormais vers les commanditaires présumés de ce système qui aurait permis pendant des années de faire circuler discrètement des millions d’euros entre l’Europe et l’Afrique. Pour les services spécialisés, le démantèlement complet de cette nébuleuse criminelle est loin d’être achevé.





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